Collapsologie (2015 – )

Que s’est-il passé depuis la publication de Comment tout peut s’effondrer en avril 2015 ?

Raphaël et moi avons assisté avec curiosité, amusement et intérêt à l’émergence d’un véritable réseau de collapsologues francophones. De toutes parts, de tous milieux, ils sont sortis de l’ombre, décomplexés. Nous avons reçu un nombre important de réactions, de sollicitations et de mots doux. Nous avons été invités dans des lieux aussi divers que des squats, des associations de quartier, des réunions de partis politiques, de syndicats, des think-tanks, des ministères (et même à l’Elysée), des universités, des fermes autogérées, des salons du livre, des réunions d’entrepreneurs, des groupes de transition, des foires bio, des réunions de chercheurs de l’armée, etc.

Bien sûr, cette thématique existait déjà dans les milieux survivalistes, nous n’avons fait que l’étendre à d’autres milieux qui ne voulaient pas en entendre parler (académique, universitaire, étatique, écologique, etc.).

Tout cela nous a dépassé dès les premiers mois. Après la publication du livre Comment tout peut s’effondrer en avril 2015, mon rythme de vie à changé lentement mais sûrement. Le nombre de courriel, de demandes d’interviews et d’invitations à des conférences a suivi une trajectoire exponentielle de type anthropocène. J’ai été progressivement submergé par la vie virtuelle alors même que ma vie familiale nécessitait une présence beaucoup plus soutenue, et que d’autres projets d’écriture se mettaient en place. Depuis quelques moins, un seuil d’irréversibilité a été franchi, je n’arrive plus à répondre aux courriels, au téléphone, ni aux SMS, et encore moins aux petits drapeaux rouges de Facebook. Pardon par avance.

Et la collapsologie ?

Le mot « collapsologie » semble être passé dans le langage courant, surtout grâce à l’intérêt renouvelé des journalistes, et à un besoin du grand public de nommer des intuitions profondes. La collapsologie vit désormais dans tous ces milieux, de manières rhizomatique et kaléïdoscopique. Elle nous a dépassé, et vit sa propre vie. On lui souhaite longue vie !

Raphaël et moi avons toujours comme posture de rendre intelligible cette question des catastrophes et d’un éventuel effondrement de notre société. Pour cela, nous nous référons à un maximum de travaux scientifiques, toujours de manière transdisciplinaire et systémique, mais nous sommes convaincus qu’il faut aussi traiter cette question avec d’autres moyens que la seule science. La collapsologie tente d’être rigoureuse et pédagogique pour qu’un maximum de personnes soient informées et conscientes. Elle n’est pas encore une discipline scientifique officielle — peut-être le sera-t-elle un jour ? –, et nous pensons qu’elle doit rester ouverte (car complémentaire) à d’autres approches extérieures au champ strictement scientifique. Pour l’instant, elle ne traite pas des causes de ces catastrophes, et ne donne pas de prescriptions sur ce qu’il faudrait faire. Du moins pas encore…

Des projets en 2018 ?

Un tome 2 du Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes est en cours d’écriture (en collaboration avec Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle), sortie prévue en automne 2018.

Que puis-je faire ?

Je vous invite à vous connecter à ces réseaux naissants qui traitent de la question collapsologique, sur les réseaux sociaux ou dans la vie réelle, dans votre ville, votre région. Vous êtes nombreux, croyez-moi ! Notre société a besoin de personnes qui arrivent à parler de cela, et à traiter ce sujet. Vous n’êtes pas seul(e). N’hésitez pas à vous lancer !